Une petite fille blanche comme la neige fuit la reine jalouse et son miroir magique, et trouve un foyer chez les sept nains, dans les montagnes. L'un des plus beaux contes des frères Grimm, traduit de l'original allemand.
Frères Grimm · 18 min · lu par Hélène
Blanche-Neige : le texte de l'histoire
Frères Grimm (1857). Traduit de l'original allemand « Sneewittchen ».
Il était une fois, au milieu de l'hiver, alors que les flocons de neige tombaient du ciel comme des plumes, une reine qui cousait, assise à une fenêtre au cadre de bois d'ébène noir. Et tandis qu'elle cousait ainsi en levant les yeux vers la neige, elle se piqua le doigt avec son aiguille, et trois gouttes de sang tombèrent dans la neige. Le rouge était si beau sur la neige blanche qu'elle pensa : « Si seulement j'avais un enfant aussi blanc que la neige, aussi rouge que le sang et aussi noir que le bois de ce cadre ! »
Peu après, elle eut une petite fille aussi blanche que la neige, aussi rouge que le sang, et aux cheveux aussi noirs que l'ébène ; c'est pourquoi on l'appela Blanche-Neige. Et quand l'enfant fut née, la reine mourut.
Au bout d'un an, le roi prit une autre épouse. C'était une belle femme, mais elle était fière et orgueilleuse, et elle ne supportait pas que quelqu'un la surpasse en beauté. Elle avait un miroir merveilleux. Quand elle se plaçait devant lui pour s'y regarder, elle disait : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » Et le miroir répondait : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle du pays. » Alors elle était contente, car elle savait que le miroir disait la vérité.
Mais Blanche-Neige grandissait et devenait de plus en plus belle, et quand elle eut sept ans, elle était belle comme le jour et plus belle que la reine elle-même. Un jour que la reine demandait à son miroir : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » il répondit : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige est mille fois plus belle que vous. »
Alors la reine prit peur, et elle devint jaune et verte de jalousie. À partir de ce jour, chaque fois qu'elle voyait Blanche-Neige, son cœur se retournait dans sa poitrine, tant elle haïssait la fillette. La jalousie et l'orgueil poussaient dans son cœur comme une mauvaise herbe, toujours plus haut, si bien qu'elle n'avait plus de repos ni le jour ni la nuit. Alors elle fit venir un chasseur et lui dit : « Emmène l'enfant dans la forêt, je ne veux plus la voir devant mes yeux. Tu la tueras, et tu me rapporteras son cœur comme preuve. »
Alors la reine prit peur, et elle devint jaune et verte de jalousie. À partir de ce jour, chaque fois qu'elle voyait Blanche-Neige, son cœur se retournait dans sa poitrine, tant elle haïssait la fillette. La jalousie et l'orgueil poussaient dans son cœur comme une mauvaise herbe, toujours plus haut, si bien qu'elle n'avait plus de repos ni le jour ni la nuit. Alors elle fit venir un chasseur et lui dit : « Emmène l'enfant dans la forêt, je ne veux plus la voir devant mes yeux. Tu la tueras, et tu me rapporteras ses poumons et son foie comme preuve. »
Le chasseur obéit et l'emmena dans la forêt. Mais quand il eut tiré son couteau de chasse pour percer le cœur innocent de Blanche-Neige, elle se mit à pleurer et dit : « Ah, cher chasseur, laisse-moi la vie ! Je m'enfuirai dans la forêt sauvage et je ne reviendrai plus jamais à la maison. » Et parce qu'elle était si belle, le chasseur eut pitié d'elle et dit : « Alors sauve-toi, pauvre enfant. » « Les bêtes sauvages t'auront bientôt dévorée », pensa-t-il, et pourtant il se sentit le cœur soulagé d'un grand poids, parce qu'il n'avait pas eu besoin de la tuer. Et comme un jeune marcassin passait justement en bondissant, il l'attrapa et rapporta son cœur à la reine comme preuve. La méchante femme crut que Blanche-Neige n'était plus en vie.
Le chasseur obéit et l'emmena dans la forêt. Mais quand il eut tiré son couteau de chasse pour percer le cœur innocent de Blanche-Neige, elle se mit à pleurer et dit : « Ah, cher chasseur, laisse-moi la vie ! Je m'enfuirai dans la forêt sauvage et je ne reviendrai plus jamais à la maison. » Et parce qu'elle était si belle, le chasseur eut pitié d'elle et dit : « Alors sauve-toi, pauvre enfant. » « Les bêtes sauvages t'auront bientôt dévorée », pensa-t-il, et pourtant il se sentit le cœur soulagé d'un grand poids, parce qu'il n'avait pas eu besoin de la tuer. Et comme un jeune marcassin passait justement en bondissant, il le tua, prit ses poumons et son foie, et les rapporta à la reine comme preuve. Le cuisinier dut les faire cuire avec du sel, et la méchante femme les mangea en croyant avoir mangé les poumons et le foie de Blanche-Neige.
Alors la pauvre enfant se retrouva toute seule au monde dans la grande forêt, et elle avait si peur qu'elle regardait toutes les feuilles des arbres sans savoir que faire. Elle se mit à courir, sur les pierres pointues et à travers les ronces, et les bêtes sauvages bondissaient près d'elle, mais elles ne lui firent aucun mal. Elle courut aussi longtemps que ses pieds purent la porter, et quand le soir fut près de tomber, elle aperçut une petite maison et y entra pour se reposer.
Dans la petite maison, tout était petit, mais si joli et si propre qu'on ne saurait le dire. Il y avait une petite table couverte d'une nappe blanche, avec sept petites assiettes, et près de chaque petite assiette une petite cuillère, et puis sept petits couteaux, sept petites fourchettes et sept petits gobelets. Contre le mur, sept petits lits étaient alignés côte à côte, avec des draps blancs comme la neige. Comme Blanche-Neige avait très faim et très soif, elle mangea un peu de légumes et de pain dans chaque petite assiette et but une goutte de vin dans chaque petit gobelet, car elle ne voulait pas tout prendre à un seul. Ensuite, comme elle était si fatiguée, elle se coucha dans un petit lit, mais aucun ne lui allait. L'un était trop long, l'autre trop court, jusqu'au septième, qui était enfin juste comme il faut. Elle y resta couchée, se recommanda au bon Dieu et s'endormit.
Quand il fit tout à fait nuit, les maîtres de la petite maison rentrèrent. C'étaient les sept nains, qui piochaient et creusaient dans les montagnes pour trouver du minerai. Ils allumèrent leurs sept petites chandelles, et quand il fit clair dans la petite maison, ils virent que quelqu'un était venu, car tout n'était pas aussi bien rangé qu'ils l'avaient laissé.
Le premier dit : « Qui s'est assis sur ma petite chaise ? » Le deuxième : « Qui a mangé dans ma petite assiette ? » Le troisième : « Qui a pris de mon petit pain ? » Le quatrième : « Qui a mangé de mes petits légumes ? » Le cinquième : « Qui a piqué avec ma petite fourchette ? » Le sixième : « Qui a coupé avec mon petit couteau ? » Le septième : « Qui a bu dans mon petit gobelet ? »
Puis le premier regarda autour de lui et vit qu'il y avait un petit creux dans son lit, alors il dit : « Qui a marché dans mon petit lit ? » Les autres accoururent et s'écrièrent : « Dans le mien aussi, quelqu'un s'est couché ! » Mais le septième, en regardant dans son lit, aperçut Blanche-Neige qui y était couchée et dormait. Il appela les autres, qui accoururent et poussèrent des cris d'étonnement. Ils allèrent chercher leurs sept petites chandelles et éclairèrent Blanche-Neige. « Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! » s'écrièrent-ils, « que cette enfant est belle ! » Et ils furent si heureux qu'ils ne la réveillèrent pas et la laissèrent dormir dans le petit lit. Le septième nain, lui, dormit avec ses compagnons, une heure avec chacun, et ainsi la nuit passa.
Quand vint le matin, Blanche-Neige se réveilla, et en voyant les sept nains, elle prit peur. Mais ils étaient gentils et lui demandèrent : « Comment t'appelles-tu ? » « Je m'appelle Blanche-Neige », répondit-elle. « Comment es-tu arrivée dans notre maison ? » demandèrent encore les nains. Alors elle leur raconta que sa belle-mère avait voulu la faire tuer, mais que le chasseur lui avait laissé la vie, et qu'elle avait couru toute la journée, jusqu'à ce qu'elle trouve enfin leur petite maison.
Les nains dirent : « Si tu veux bien tenir notre ménage, faire la cuisine, faire les lits, laver, coudre et tricoter, et si tu gardes tout bien rangé et bien propre, tu peux rester chez nous, et tu ne manqueras de rien. » « Oui », dit Blanche-Neige, « de tout mon cœur », et elle resta chez eux. Elle tenait leur maison en ordre. Le matin, ils partaient dans les montagnes chercher du minerai et de l'or, le soir, ils revenaient, et il fallait que leur repas soit prêt. Toute la journée, la jeune fille était seule, alors les bons petits nains la mirent en garde : « Méfie-toi de ta belle-mère, elle saura bientôt que tu es ici. Surtout, ne laisse entrer personne ! »
Quant à la reine, comme elle croyait que Blanche-Neige n'était plus en vie, elle ne doutait pas d'être de nouveau la première et la plus belle de toutes. Elle se plaça devant son miroir et dit : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » Alors le miroir répondit : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige, par-delà les montagnes, chez les sept nains, est encore mille fois plus belle que vous. »
Quant à la reine, comme elle croyait avoir mangé les poumons et le foie de Blanche-Neige, elle ne doutait pas d'être de nouveau la première et la plus belle de toutes. Elle se plaça devant son miroir et dit : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » Alors le miroir répondit : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige, par-delà les montagnes, chez les sept nains, est encore mille fois plus belle que vous. »
Alors elle prit peur, car elle savait que le miroir ne mentait jamais, et elle comprit que le chasseur l'avait trompée et que Blanche-Neige était encore en vie. Et elle chercha et chercha de nouveau comment la faire mourir, car tant qu'elle n'était pas la plus belle de tout le pays, la jalousie ne lui laissait aucun repos. Quand elle eut enfin trouvé une idée, elle se maquilla le visage et s'habilla comme une vieille marchande, si bien que personne n'aurait pu la reconnaître. Ainsi déguisée, elle passa les sept montagnes pour aller chez les sept nains, frappa à la porte et cria : « Belles marchandises à vendre ! À vendre ! »
Blanche-Neige regarda par la fenêtre et cria : « Bonjour, chère madame, qu'avez-vous à vendre ? » « De bonnes marchandises, de belles marchandises », répondit-elle, « des lacets de toutes les couleurs », et elle en sortit un, tressé de soie aux couleurs vives. « Cette brave femme, je peux bien la laisser entrer », pensa Blanche-Neige. Elle tira le verrou de la porte et s'acheta le joli lacet. « Mon enfant », dit la vieille, « regarde un peu de quoi tu as l'air ! Viens, je vais te lacer ton corsage comme il faut. » Blanche-Neige ne se méfiait de rien, elle se plaça devant elle et se laissa lacer avec le nouveau lacet. Mais la vieille laça vite, et serra si fort que Blanche-Neige en perdit le souffle et tomba comme morte. « Voilà, tu as fini d'être la plus belle ! » dit-elle, et elle sortit en hâte.
Peu de temps après, à la tombée du soir, les sept nains rentrèrent à la maison. Mais quelle frayeur ils eurent en voyant leur chère Blanche-Neige étendue par terre ! Elle ne bougeait plus du tout, comme si elle était morte. Ils la soulevèrent, et voyant qu'elle était lacée trop serré, ils coupèrent le lacet en deux. Alors elle se mit à respirer un peu, et peu à peu elle revint à la vie. Quand les nains apprirent ce qui s'était passé, ils dirent : « La vieille marchande n'était personne d'autre que la méchante reine. Fais bien attention, et ne laisse entrer personne quand nous ne sommes pas avec toi ! »
Quant à la méchante femme, une fois rentrée chez elle, elle alla devant le miroir et demanda : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » Alors il répondit comme d'habitude : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige, par-delà les montagnes, chez les sept nains, est encore mille fois plus belle que vous. »
Quand elle entendit cela, tout son sang ne fit qu'un tour, tant elle eut peur, car elle voyait bien que Blanche-Neige était revenue à la vie. « Mais cette fois », dit-elle, « je vais trouver quelque chose qui te fera périr. » Et avec la sorcellerie qu'elle connaissait, elle fabriqua un peigne empoisonné. Puis elle se déguisa et prit l'apparence d'une autre vieille femme. Elle passa ainsi les sept montagnes pour aller chez les sept nains, frappa à la porte et cria : « Bonnes marchandises à vendre ! À vendre ! » Blanche-Neige regarda dehors et dit : « Passez votre chemin, je n'ai le droit de laisser entrer personne. » « Tu as bien le droit de regarder, tout de même », dit la vieille, et elle sortit le peigne empoisonné et le leva bien haut.
Il plut tant à l'enfant qu'elle se laissa tenter et ouvrit la porte. Quand elles se furent mises d'accord sur le prix, la vieille dit : « Maintenant, je vais te coiffer comme il faut. » La pauvre Blanche-Neige ne se doutait de rien et laissa faire la vieille. Mais à peine celle-ci lui eut-elle planté le peigne dans les cheveux que le poison agit, et la jeune fille tomba sans connaissance. « Toi, la merveille de beauté », dit la méchante femme, « cette fois, c'en est fini de toi ! » et elle s'en alla.
Heureusement, le soir arriva bientôt, et les sept petits nains rentrèrent à la maison. Quand ils virent Blanche-Neige étendue par terre comme morte, ils soupçonnèrent aussitôt la belle-mère. Ils cherchèrent et trouvèrent le peigne empoisonné, et à peine l'eurent-ils retiré que Blanche-Neige revint à elle et leur raconta ce qui s'était passé. Alors ils lui recommandèrent encore une fois d'être sur ses gardes et de n'ouvrir la porte à personne.
La reine, chez elle, se plaça devant le miroir et dit : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » Alors il répondit, comme la fois d'avant : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige, par-delà les montagnes, chez les sept nains, est encore et toujours mille fois plus belle que vous. »
Quand elle entendit le miroir parler ainsi, elle trembla et frémit de colère. « Blanche-Neige mourra », s'écria-t-elle, « même si cela doit me coûter la vie ! » Puis elle alla dans une chambre secrète et solitaire, où personne ne venait jamais, et là, elle fabriqua une pomme empoisonnée, terriblement empoisonnée. Du dehors, elle avait l'air belle, blanche avec un côté rouge, si bien que tous ceux qui la voyaient avaient envie de la croquer. Mais celui qui en mangeait un petit morceau devait mourir.
Quand la pomme fut prête, elle se maquilla le visage et se déguisa en paysanne, et ainsi elle passa les sept montagnes pour aller chez les sept nains. Elle frappa à la porte, Blanche-Neige passa la tête par la fenêtre et dit : « Je n'ai le droit de laisser entrer personne, les sept nains me l'ont interdit. » « Comme tu voudras », répondit la paysanne, « je saurai bien me débarrasser de mes pommes. Tiens, je vais t'en donner une. » « Non », dit Blanche-Neige, « je n'ai le droit de rien accepter. » « Tu as peur du poison ? » dit la vieille. « Regarde, je coupe la pomme en deux. Mange le côté rouge, et moi je mangerai le blanc. »
Mais la pomme était faite avec tant d'adresse que seul le côté rouge était empoisonné. Blanche-Neige avait très envie de la belle pomme, et quand elle vit que la paysanne en mangeait, elle ne put résister plus longtemps. Elle tendit la main dehors et prit la moitié empoisonnée. Mais à peine en eut-elle pris une bouchée qu'elle tomba morte sur le sol. Alors la reine la regarda d'un œil terrible, éclata d'un grand rire et dit : « Blanche comme la neige, rouge comme le sang, noire comme l'ébène ! Cette fois, les nains ne pourront plus te réveiller. »
Et quand, chez elle, elle interrogea le miroir : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » il répondit enfin : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle du pays. » Alors son cœur jaloux trouva le repos, autant qu'un cœur jaloux peut trouver le repos.
Quand les petits nains rentrèrent le soir à la maison, ils trouvèrent Blanche-Neige étendue par terre. Aucun souffle ne sortait plus de sa bouche, et elle était morte. Ils la soulevèrent, cherchèrent s'ils trouvaient quelque chose d'empoisonné, délacèrent son corsage, peignèrent ses cheveux, la lavèrent avec de l'eau et du vin, mais rien n'y fit. La chère enfant était morte et resta morte. Ils la posèrent sur une civière, s'assirent tous les sept autour d'elle et la pleurèrent, et ils pleurèrent pendant trois jours.
Puis ils voulurent l'enterrer, mais elle avait encore l'air aussi fraîche qu'une personne vivante, et elle avait toujours ses belles joues rouges. Ils dirent : « Nous ne pouvons pas la mettre dans la terre noire », et ils firent faire un cercueil de verre transparent, pour qu'on puisse la voir de tous les côtés. Ils l'y couchèrent, et écrivirent dessus son nom en lettres d'or, en ajoutant qu'elle était la fille d'un roi. Puis ils portèrent le cercueil sur la montagne, et l'un d'eux restait toujours auprès de lui pour le garder. Et les animaux vinrent aussi pleurer Blanche-Neige : d'abord une chouette, puis un corbeau, et enfin une petite colombe.
Blanche-Neige resta longtemps, très longtemps, couchée dans le cercueil, et elle ne s'abîma pas du tout. Elle avait l'air de dormir, car elle était toujours aussi blanche que la neige, aussi rouge que le sang, et ses cheveux étaient aussi noirs que l'ébène. Or il arriva qu'un fils de roi s'égara dans la forêt et vint à la maison des nains pour y passer la nuit. Il vit sur la montagne le cercueil, et la belle Blanche-Neige dedans, et il lut ce qui était écrit en lettres d'or.
Alors il dit aux nains : « Laissez-moi le cercueil, je vous donnerai ce que vous voudrez en échange. » Mais les nains répondirent : « Nous ne le donnerions pas pour tout l'or du monde. » Il reprit : « Alors offrez-le-moi, car je ne peux pas vivre sans voir Blanche-Neige. Je l'honorerai et je la chérirai comme ce que j'ai de plus cher. » Comme il parlait ainsi, les bons petits nains eurent pitié de lui et lui donnèrent le cercueil.
Le fils du roi le fit emporter par ses serviteurs, sur leurs épaules. Il arriva alors qu'ils trébuchèrent sur un buisson, et la secousse fit sortir de la gorge de Blanche-Neige le morceau de pomme empoisonnée qu'elle avait croqué. Peu après, elle ouvrit les yeux, souleva le couvercle du cercueil et se redressa : elle était de nouveau vivante. « Oh, mon Dieu, où suis-je ? » s'écria-t-elle. Le fils du roi, plein de joie, lui dit : « Tu es avec moi », et il lui raconta ce qui s'était passé, puis il dit : « Je t'aime plus que tout au monde. Viens avec moi au château de mon père, tu seras mon épouse. » Alors Blanche-Neige l'aima à son tour et partit avec lui, et l'on prépara leurs noces avec beaucoup de faste et de splendeur.
Mais la méchante belle-mère de Blanche-Neige fut aussi invitée à la fête. Quand elle eut mis ses beaux habits, elle se plaça devant le miroir et dit : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de tout le pays ? » Le miroir répondit : « Madame la Reine, vous êtes la plus belle ici, mais la jeune reine est mille fois plus belle que vous. »
Alors la méchante femme poussa un cri de rage, et elle eut si peur, si peur, qu'elle ne savait plus que faire. D'abord, elle ne voulut pas du tout aller aux noces, mais cela ne lui laissait aucun repos, il fallait qu'elle aille voir la jeune reine. Et quand elle entra, elle reconnut Blanche-Neige, et de peur et d'effroi, elle resta là sans pouvoir bouger. Puis elle fit demi-tour, s'enfuit de la salle et courut, courut, très loin, et personne ne la revit jamais. Et jamais plus elle ne put faire de mal à Blanche-Neige.
Alors la méchante femme poussa un cri de rage, et elle eut si peur, si peur, qu'elle ne savait plus que faire. D'abord, elle ne voulut pas du tout aller aux noces, mais cela ne lui laissait aucun repos, il fallait qu'elle aille voir la jeune reine. Et quand elle entra, elle reconnut Blanche-Neige, et de peur et d'effroi, elle resta là sans pouvoir bouger. Mais on avait déjà mis des pantoufles de fer sur un feu de braises. On les apporta avec des pinces et on les posa devant elle. Alors elle dut mettre ces souliers rouges de feu et danser jusqu'à en tomber morte sur le sol.





